Au tout premier Dialogue sur l'IA, l’ONU discute la gouvernance mondiale de l'intelligence artificielle
- Human Rights Research Center
- Jul 14
- 6 min read
Author: Vera Rousseff
July 14, 2026
*English version is available below
HRRC appelle l’Organisation des Nations unies à tenir sa promesse d'inclure tous les États membres dans les discussions sur la gouvernance mondiale de l’intelligence artificielle. Nous insistons sur le fait que les accords internationaux visant à encadrer l’IA doivent refléter les priorités de toutes les nations, quel que soit leur niveau de développement technologique, car les risques et les bénéfices potentiels de cette technologie concernent des individus dans le monde entier.
![Des gens en train d’utiliser la technologie [Marvin Meyer/Unsplash]](https://static.wixstatic.com/media/d0bbf9_c16c4dcd853745c19c42d3adc810ee96~mv2.png/v1/fill/w_512,h_341,al_c,q_85,enc_avif,quality_auto/d0bbf9_c16c4dcd853745c19c42d3adc810ee96~mv2.png)
Le lundi 6 juillet, l’Organisation des Nations unies (ONU) a lancé la session inaugurale du Dialogue mondial sur la gouvernance de l'IA, visant à créer un système de gouvernance mondiale pour rendre l’intelligence artificielle (IA) plus éthique et inclusive.
Le Dialogue, qui a eu lieu les 6 et 7 juillet à Genève, en Suisse, a rassemblé des représentants des gouvernements des États membres, du monde universitaire, des entreprises technologiques, de la communauté technique et de la société civile afin d’aborder les nombreuses questions soulevées par la prolifération de l’utilisation de l’IA dans divers secteurs. Au cours de ces deux journées, les participants ont discuté, entre autres, des opportunités et des implications de l’usage de l’IA, des moyens de réduire les inégalités d'accès à cette technologie, notamment dans le Sud global, du développement des systèmes d’IA sûrs et fiables, des approches de gouvernance mondiale et de collaboration internationale, ainsi que des différents rôles des droits humains et du droit international humanitaire dans le domaine de l’IA.
D’autres sujets importants abordés au cours du Dialogue comprenaient l’impact environnemental de l’IA, le rythme rapide de son développement – qui dépasse la capacité des autorités à la réglementer – ainsi que les risques disproportionnés auxquels les femmes sont confrontées.
Le Dialogue s’est appuyé sur les conclusions du premier rapport du Panel scientifique international indépendant sur l'IA, un groupe mandaté par l’Assemblée générale de l’ONU pour analyser les effets de l’IA. Le rapport a été présenté au siège de l’ONU à New York le 1er juillet, une semaine avant le lancement du Dialogue, pour lequel il a servi de base factuelle commune aux gouvernements participants.
Plusieurs participants au Dialogue ont souligné que, pour que la gouvernance de l’IA soit éthique et inclusive, elle doit être façonnée par tous les États membres, et non seulement par une poignée d’acteurs des pays les plus avancés sur le plan technologique. António Guterres, secrétaire général de l’ONU, a déclaré:
« L'IA progresse à une vitesse fulgurante. La question est de savoir si nous la gouvernerons ensemble ou si nous la laisserons nous gouverner. Pour la première fois, le Dialogue sur l'IA donne à chaque pays une place à la table. Nous devons désormais transformer cette participation mondiale en action globale — pour rendre l'IA plus sûre, plus équitable, plus accessible et plus éthique. »
Parmi les défis les plus urgents figure la protection des enfants. « Dans 11 pays du Sud global, jusqu'à un enfant par classe a signalé que l'IA avait été utilisée pour créer des deepfakes à caractère sexuel le représentant », a déclaré Sonia Livingstone, membre du Panel sur l'IA. Afin de réduire les risques auxquels les enfants sont confrontés, Guterres a appelé les États participants à adopter un « engagement mondial pour la sécurité des enfants face à l’intelligence artificielle ». Cet accord vise à lutter contre la création et la diffusion des contenus pédocriminels générés par l’IA et à exiger des évaluations indépendantes d’outils d’IA avant qu’ils ne soient mis à disposition des mineurs.
Pendant la deuxième journée du Dialogue, les débats se sont concentrés sur la question de responsabilité juridique dans les cas des violations et des préjudices associés à l’IA. Selon Livingstone, les preuves des violations des droits humains liées à cette technologie – notamment la diffusion de la désinformation et l’exploitation des données personnelles – sont désormais « bien plus probantes » que les bénéfices démontrés par son usage. Les systèmes auto-apprenants, a-t-elle soutenu, sont actuellement utilisés pour susciter la méfiance et pour « créer et amplifier la persuasion et la tromperie ».
Afin de garantir que la technologie de l’IA soit utilisée au bénéfice de l’humanité, des garde-fous doivent être intégrés dès la conception des systèmes d'IA, notamment au moyen de mécanismes de responsabilité et de supervision humaine.
Glossaire
Deepfake: un enregistrement vidéo ou audio réalisé ou modifié grâce à l'intelligence artificielle.
Désinformation: utilisation des techniques de l'information de masse pour induire en erreur, cacher ou travestir les faits.
Gouvernance mondiale: les réglementations applicables à l’échelle mondiale.
Inaugural: qui a rapport à une inauguration (entreprendre, mettre en pratique, utiliser pour la première fois).
Intelligence artificielle: tout outil utilisé par une machine capable de reproduire des comportements liés aux humains, tels que le raisonnement, la planification et la créativité.
Juridique: qui se fait, s'exerce en justice, devant la justice.
Pédocriminel: qui commet un acte de pédocriminalité (criminalité à caractère sexuel à l'encontre des enfants).
Prolifération: fait de proliférer (se multiplier en abondance, rapidement).
Sud global: des ensembles d’États mouvants, des non-alignés aux émergents en passant par le « tiers-monde » et les pays en développement.
At the First-Ever AI Dialogue, the UN Discusses Global Governance of Artificial Intelligence
HRRC calls on the United Nations to keep its promise to include all member states in discussions on the global governance of artificial intelligence. We insist that international agreements aimed at regulating AI must reflect the priorities of all nations, regardless of their level of technological development, because the risks and potential benefits of this technology affect people around the world.
![People using technology [Image credit: Marvin Meyer/Unsplash]](https://static.wixstatic.com/media/d0bbf9_c16c4dcd853745c19c42d3adc810ee96~mv2.png/v1/fill/w_512,h_341,al_c,q_85,enc_avif,quality_auto/d0bbf9_c16c4dcd853745c19c42d3adc810ee96~mv2.png)
On Monday, July 6, the United Nations (UN) launched the inaugural session of the Global Dialogue on AI Governance, aimed at creating a system of global governance to make artificial intelligence (AI) more ethical and inclusive.
The Dialogue, which took place July 6-7 in Geneva, Switzerland, brought together representatives from member-state governments, academia, technology companies, the technical expert community, and civil society to address the many issues raised by the proliferation of AI use in various industries. Over the course of the two days, participants engaged in discussions including, but not limited to: the opportunities and implications of AI usage; potential ways to bridge gaps in access to AI technology, particularly in the Global South; the development of safe and reliable AI systems; approaches to global governance and international cooperation; and the varying roles of human rights and international humanitarian law in the AI space.
Other important topics discussed during the Dialogue included the environmental impact of AI, the rapid pace of its development—which exceeds regulators' ability to keep up—as well as the disproportionate risks faced by women.
The Dialogue was based on the findings of the first report by the Independent International Scientific Panel on AI, a group mandated by the UN General Assembly, to analyze the effects of AI. The report was presented at UN Headquarters in New York on July 1, one week before the launch of the Dialogue, for which it served as a common factual basis for participating governments.
Several Dialogue participants emphasized that in order for AI governance to be ethical and inclusive, it must be shaped by all member states, not only by a handful of actors from the world's most technologically advanced countries. UN Secretary-General António Guterres stated:
"AI is advancing at runaway speed. The question is whether we will govern it together—or let it govern us. For the first time, the AI Dialogue gives every country a seat at the table. We must now turn global participation into global action—to make AI safer, fairer, more accessible and more ethical."
Among the most urgent challenges is the protection of children. "Across 11 Global South countries, up to one child per classroom reported that AI was used to make sexually explicit deepfakes of them," said Sonia Livingstone, a member of the AI Panel. To reduce the risks faced by children, Guterres called on participating states to adopt a "AI Child Safety Pledge." This agreement aims to combat the creation and distribution of AI-generated child sexual abuse material and to require independent evaluations of AI tools before they are made available to minors.
During the second day of the Dialogue, discussions focused on the issue of legal responsibility in cases involving AI-related violations and harm. According to Livingstone, the evidence of human rights violations linked to this technology—including the spread of disinformation and the exploitation of personal data—is now "much more compelling" than the demonstrated benefits of its use. Self-learning systems, she argued, are currently being employed to provoke distrust and to “create and amplify persuasion and deceit.”
In order to ensure that AI technology is used to benefit humanity, safeguards must be built into AI systems from the design stage onward, including mechanisms for accountability and human oversight.
Glossary
*Direct translation from French glossary above
Artificial intelligence: any tool used by a machine that is capable of reproducing human-related behaviors, such as reasoning, planning, and creativity.
Deepfake: a video or audio recording created or altered using artificial intelligence.
Child sexual abuse material: material involving the sexual abuse of children.
Disinformation: the use of mass communication techniques to mislead, conceal, or distort the facts.
Global governance: regulations that apply on a global scale.
Global South: shifting groups of states, ranging from the Non-Aligned Movement to emerging economies, including the "Third World" and developing countries.
Inaugural: relating to an inauguration (to undertake, put into practice, or use for the first time).
Proliferation: the act of proliferating (multiplying rapidly and abundantly).
Legal: relating to or exercised through the justice system or before a court of law.



